Archive pour 24 octobre, 2007

Cherchez et vous trouverez

Un brahmane très pieux, tous les jours à son réveil, prenait son bain rituel et partait aussitôt vers le temple, son panier d’offrandes à la main. Il allait assister à la prière du matin. De même le midi et le soir, il retournait au temple. Ainsi, trois fois par jour, il rendait un culte à Dieu. Avec ferveur il priait :  » Seigneur, je viens te rendre visite chez toi, sans que j’aie manqué un seul jour. Matin et soir, je te fais des offrandes. Ne peux-tu pas venir chez moi ?  » Attentif à cette prière quotidienne, Dieu lui répondit enfin :  » Demain, je viendrai. « 

Tout heureux il se met à laver à grande eau sa maison. Il fait tracer devant le seuil des dessins en pâte de riz. À l’aube, il attache une guirlande de feuilles de manguier à l’entrée de sa maison. Dans la salle de réception, des plateaux de fruits, de galettes sucrées et de fleurs s’étalent à profusion. Tout est prêt pour recevoir Dieu. Il se tient debout pour l’accueillir.
L’heure de la prière matinale approche. Un petit garçon qui passe par là aperçoit, par la fenêtre ouverte, les plateaux de galettes. Il s’approche :  » Grand-père, tu as beaucoup de galettes, là-dedans, ne peux-tu m’en donner une ?  » Furieux de l’audace du gamin, il réplique :  » Veux-tu filer, moucheron. Comment oses-tu demander ce qui est préparé pour Dieu ?  » Et le petit garçon effrayé s’enfuit.
La cloche du temple a sonné. La prière est terminée.  » Dieu viendra après le culte de midi, attendons-le.  » Fatigué, il s’assoit sur le banc. Un mendiant arrive et lui demande l’aumône. Le brahmane le chasse vertement. Puis il lave soigneusement la place souillée par les pieds du mendiant. .. Et midi passe . . . Dieu n’est toujours pas au rendez-vous. 

Le soir vient. Tout triste, il attend toujours la visite promise. Un pèlerin se présente à l’heure de la prière.  » Permettez-moi de me reposer sur le banc et d’y dormir cette nuit…  »  » Jamais de la vie ! C’est le siège réservé à Dieu !  » La nuit est tombée. Dieu n’a pas tenu sa promesse, pense-t-il tout triste.
Le lendemain, revenu au temple pour la prière, il renouvelle ses offrandes et fond en larmes :  » Seigneur, tu n’es pas venu chez moi comme tu me l’avais promis ! Pourquoi ?  » Une voix lui dit alors :  » Je suis venu trois fois et chaque fois tu m’as chassé. «  


Légende indienne.

Ascese et mortification

Je crois que l’ascèse est une des choses principales pour le développement de l’être humain et que l’ascèse est nécessaire à la construction d’un art quel qu’il soit. L’ascèse consiste à choisir perpétuellement l’essentiel. 

C’est en ne gardant que l’essentiel et le nécessaire que l’on trouve tout à coup les forces de la vitalité et de la vérité. 

Je crois que la mortification est nuisible parce qu’elle a toujours un côté de répression et qu’elle a toujours un côté qui facilite la débauche inverse… L’épanouissement doit être une ascèse, un dépouillement qui n’est pas une contrainte négative comme la mortification. Les ascètes peuvent vivre d’une façon encore plus frugale qu’une personne qui se mortifie, mais les ascètes le prennent comme une espèce de décontraction totale, alors que la mortification implique toujours l’obligation. 

L’ascèse, c’est se contenter du verre d’eau et du morceau de pain, et c’est la savourer avec délice, parce qu’au fond vous avez l’essence de la vie qui est l’eau et le pain et que vous n’avez pas besoin d’autre chose. Mais si l’eau et le pain sont une mortification, vous êtes condamnés au pain sec et à l’eau : c’est une punition. Au fond l’ascèse, c’est la joie, c’est une chose qu’on découvre petit à petit. 

Le corps doit être profondément travaillé pour trouver sa liberté. Cette liberté est au-delà de la discipline. Pour que le corps participe à cette joie et à cette liberté totale, il doit passer à travers différentes étapes purificatrices. 

Pour parler simplement du métier de danseur, un danseur est un être qui a commencé entre dix et quatorze ans à faire une série d’exercices chaque matin, et ils les fait toute sa vie, sans aucun jour d’interruption, tous les matins. Il s’impose une espèce de discipline au départ, qui lui permet de trouver sa plus grande liberté. 

Finalement, quand on me dit: « Qu’est-ce que la danse ? », je réponds: à l’échelon des gens qui ne savent pas, c’est se mettre debout et faire n’importe quoi ; à l’échelon des très bons danseurs, c’est avoir une discipline de dix ans ou de quinze ans et faire des choses très codifiées ; à l’échelon du véritable danseur, c’est se mettre debout et faire n’importe quoi, mais après avoir passé vingt ans d’ascèse… C’est retrouver l’innocence et la liberté, mais avec un travail préliminaire. 

Le danseur idéal, ce serait un être libéré loin de notre civilisation. Je crois qu’actuellement le drame de l’époque consiste à faire croire aux gens qu’en multipliant leurs besoins on augmente leur joie. En réalité, on augmente alors leurs attaches… La seule issue pour le monde actuel, c’est non la privation, je n’aime pas ce mot-là, mais c’est la joie dans le dépouillement. 


Maurice Bejart 

L’Art sacré n°1, ler trim. 1969.

Aimer

Pouvoir dire à quelqu’un : « mon amour » ou « je t’aime »
engage et rend responsable.
« Aimer » est à la fois difficile et formidable.

Aimer, c’est lutter.
Rien n’est définitivement acquis.
Il n’y a pas de secteur qui ne soit terrain de lutte :
la relation aux autres, la prise de responsabilité, l’équilibre de vie

Aimer, c’est souffrir.
L’amour est purifié au creuset de l’épreuve.
C’est dur à vivre et ça fait mal lorsque se perd la confiance.
Il faut réapprendre à aimer et ne pas se tenir rigueur du passé.
Aimer, c’est pardonner.

Aimer, c’est donner.
Donner ce que l’on a, donner ce que l’on est,
donner son esprit, son cœur et son corps.
Aimer, c’est donner gratuitement, sans rien attendre en retour.

 Aimer, c’est donner la vie.
Aimer, c’est donner sa vie.

Aimer, c’est le seul commandement.

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